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Jérome Cottin "Voir l'invisible dans le visible" - par Centre-Huit

Le 29 janvier 2010, au Centre-Huit, a eu lieu la 3ème conférence du cycle « Peinture et Spiritualité ». Après une table ronde réunissant, sur le statut de l’image, juifs, catholiques et protestants …après une séance peinture par deux jeunes femmes peignant devant le public un ex-voto… le pasteur Jérôme Cottin,
professeur de théologie à l’université de Strasbourg, spécialiste d’art sacré, auteur de nombreux livres dont « La mystique dans l’art de 1900 à nos jours », nous a fait voir « L’invisible dans le visible ».

Devant près de 100 participants réunis, attentifs, au milieu de belles reproductions de peintures accrochées sur panneaux de lin, l’orateur nous a exposé les deux modèles de peinture, correspondant à deux périodes.

Le premier modèle, né avec le philosophe Plotin, marqué par la théologie grecque a été repris par le pseudo Denys, puis ensuite par le christianisme occidental avec l’abbé Suger à Saint Denis … conduisant aussi bien aux icônes qu’aux vitraux des cathédrales. La peinture, dans ce modèle, part toujours d’une « idée ». L’idée doit amener à voir l’invisible.

Le second modèle a été élaboré au début du XXème siècle, non par des penseurs mais par des artistes, des créateurs, partant d’une émotion et aboutissant à l’art abstrait, art où l’on voit que l’on ne voit pas…. L’invisible est à rechercher par le regardeur. C’est le peintre Kandinsky qui, le premier, a peint du non-figuratif et qui a théorisé cela dans son livre « Du spirituel dans l’art ».

L’orateur nous a projeté de nombreuses reproductions nous aidant à rencontrer l’invisible. Pour le premier modèle citons la façade de la cathédrale de Saint Denis pour l’idée de lumière à la fois matérielle et spirituelle, invention de l’art gothique. Pour le deuxième modèle citons l’Eglise Notre Dame de l’Espérance avec sa magnifique Croix dont nous voyons à l’évidence la traverse bien qu’elle ne soit pas représentée, visible dans l’invisible !

De nombreuses questions de la salle ont fait suite : la fin de la ressemblance amenant à la recherche … l’équivalence entre le spirituel et l’invisible amenant à penser que si tout a un sens tout est aussi faux et non biblique ; on n’a pas de théologie de l’image mais des productions d’images sur lesquelles les théologiens ont réfléchi, ce qui est différent… le retour au figuratif d’un Malevitch ne pouvant aller plus loin après son carré blanc sur fond blanc, ou Rhotko se suicidant au bout de sa peinture.

Publié le 13/02/2010 @ 14:47  Prévisualiser  Imprimer l'article 

logoPSsmall.jpgFonction de l'image dans la foi et sa transmission - par Centre Huit

Cycle Peinture et Spiritualité

« Fonction de l’image dans l’expression de la foi et sa transmission » .
Jeudi 19/11/2000 - 20h30

image011.jpg

Table ronde avec de gauche à droite, Philippe Lemant, Jean-Pierre Allouchery, Mireille Mentré et Flemming Fleinert-Jansen

 

 


Publié le 19/12/2009 @ 16:59  Prévisualiser  Imprimer l'article 

conference.gifConférence Philippe Meirieu - par Philippe Lemant

Conférence Philippe Meirieu : "Qu'avons nous fait de nos enfants ?"

Centre Huit -- Les Amis de la Vie - 12 Octobre 2009 - Animée par Dominique Fonlupt


Inversons la question habituelle : « quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? » avec la phrase « quels enfants allons-nous laisser au monde ? ».

Nous sommes depuis quelque 30 à 50 ans dans un contexte totalement inédit, contexte métaphysiquement démocrate (Marcel Gauchet), où la loi appartient aux hommes et non plus aux Dieux. Il n’y a plus de modèle ni de voie unique. De ce fait l’éducation devient bien difficile. La bonne vieille morale de nos pères a éclaté, d’où l’insoutenable légèreté du vide (Milan Kundera). Les réponses ne préexistent plus aux questions et les anciennes réponses  (à l’anorexie, aux hyperactifs…) ne sont plus valables.
Il n’y a plus de consensus, les enfants le savent, en usent et en abusent.  A chacun sa loi en un individualisme social (M. Gauchet).

Le statut de l’enfant a changé. Ils sont tous désirés et ils survivent tous…. ce qui ne s’était jamais vu auparavant. Montaigne disait : « J’ai perdu 3 ou 4 enfants en bas âge »…oubliés, il n’y avait pas d’attachement possible. Maintenant ce sont les enfants - enfants du désir - qui font les familles et non plus les familles qui font les enfants. L’enfant est porteur de toutes les espérances et il en tire son pouvoir ; c’est lui qui fait le bonheur de ses parents, et non l’inverse ; c’est lui qui décide de qui il fait le bonheur, qui est son préféré, d’où un risque de surenchère dans les couples séparés (les enseignants savent que la veille du changement d’une garde alternée, on ne peut rien  obtenir de lui). L’enfant peut-il supporter le poids de ce pouvoir? Lutte auprès de l’enfant puisque c’est lui qui décide et en particulier des achats d’une famille (43 %) et donc il est sans cesse sollicité à consommer. Il entend: « Fais ton caprice », ça fait marcher le commerce… et: « Si on ne te donne pas ce que tu réclames, c’est qu’on ne t’aime pas ». C’est pourquoi il est la cible privilégiée des publicitaires. Nous en sommes arrivés à un capitalisme       pulsionnel … il suffit de zapper sur la télécommande de la télévision, ce « phallus high tech », pour couper la parole quand on veut, à qui on veut. La télé, qui a compris le risque de zapping, qui lui ferait perdre audience et pub, se doit de zapper ses programmes plus vite que l’enfant … d’où la suppression des génériques de fin … ne reste plus qu’un flux continu non structuré et l’enfant ne peut plus en faire le récit, il ne peut plus que s’identifier dans le flou à un rôle de victime, de bourreau … risque de destruction du psychisme de l’enfant ou en tous cas perte du pouvoir de concentration. Pourtant Simone Weil disait déjà en 1930 que l’attention – concentration était la base de l’éducation. Ph. Meirieu reprenant, après ses recherches sur l’éducation, une classe de CM2 en ZEP, s’aperçoit que les enfants, ni plus ni moins bêtes que ceux d’autrefois, sont montés sur ressorts.


Face à cela, nous sommes tentés de trouver des boucs émissaires, parents et/ou enseignants. En fait tous sont démunis mais jamais démissionnaires, et ils ne demandent qu’une chose : qu’on leur donne la recette de l’autorité.


La société a changé de puis 68 et l’autorité ne peut plus être la même. Arracher un enfant accro à U tube est plus terrible que de l’arracher à la cocaïne, on l’arrache au monde virtuel dans lequel il évolue. L’emprise s’installe de plus en plus vite, d’autant plus que l’enfant est seul, dans sa nuit, que personne n’est au courant. Pourtant les sanctions n’ont pas disparu… elles ont augmenté … la  société n’est pas laxiste.


Il est illusoire de vouloir revenir en arrière, et d’ailleurs personne ne le voudrait. Il n’y a jamais eu d’âge d’or de l’éducation.

Alors que faire ? Trois choses :
  • Différer : admettre la pulsion mais demander un temps d’attente, de réflexion avant le passage à l’acte.
  • Symboliser : apprendre à évoquer des choses en leur absence ; les contes proposent des identifications, objets culturels, et la culture est ce qui relie l’intime à l’universel.
  • Construire du collectif, un groupe avec un projet collectif où chacun aura son rôle sous l’autorité d’un qui sera le chef… chacun ayant une autorité « en tant que », selon sa fonction propre.
L’Autorité, c’est ce qui autorise, ce qui fait grandir. Ce qui permet plus de partage. L’interdit négatif promet un plus grand positif en  échange : le feu rouge promet aux autres de passer. L’enfant doit être responsabilisé.

Et si la crise était une chance ???
  L’homme, la société, ont toujours la possibilité de se relever.

QUESTIONS :


« Faire ou être ? » Aujourd’hui comme hier, l’enfant a besoin d’exemples, de modèles, mais de modèles imparfaits pour ne pas être étouffés par la perfection du modèle.

« L’élève au centre de l’éducation ? » Tout le monde veut être au centre ; ce qui compte, c’est la transmission.

« Importance du récit ?» Ricœur a dit que le récit fait d’un fait un évènement et c’est ainsi que l’enfant se structure.


Le plus important est de faire des choses avec nos enfants  (cuisine, bricolage, visionner une émission ou un film…) et de parler avec eux de ce que l’on fait ou de ce que l’on voit.


Philippe Lemant
Publié le 19/12/2009 @ 15:51  Prévisualiser  Imprimer l'article 

logoPSsmall.jpgPrésentation du Cycle - par Centre Huit

Cycle Peinture et Spiritualité : Images et Parole

Approche de la spiritualité par la lecture de l'image et l'écoute de la parole.

Ce cycle tachera de répondre à une question inhabituelle: « notre regard sur la peinture peut-il changer notre relation à la spiritualité? ».

Au terme de ce cycle aurons nous changé notre regard sur la peinture et notre écoute de la parole?
En effet nous sommes gavés d’images mais ne dit-on pas que notre appétit de spirituel en pâtit? L’image est-elle nuisible? Que font les peintres? Y a-t-il encore du spirituel dans leurs oeuvres et quel regard portons-nous sur elle?
Il semble que l’on ne puisse se passer de la représentation, l’image demeure. Le spirituel, alors, en a-t-il disparu? Que font les clercs? Y a-t-il encore des paroles à entendre?

Le cycle comportera huit séances: quatre séances de débats et quatre séances d’étude de peinture. Cette double approche est originale car il y a des paroles à entendre et un regard à poser. Les mettre en relation permettra de mieux appréhender le chemin spirituel.

Première séance: « Fonction de l’image dans l’expression de la foi et sa transmission » .
Jeudi 19/11/2000 - 20h30
Table ronde suivie de débats sur le rôle de l’image. Trois points de vues seront évoqués:
juif avec Madame Mireille Mentre, catholique avec le Père JP Allouchéry et protestant
avec le pasteur Flemming Fleinert Jensen.

Deuxième séance: « Séance peinture: performance» .
Jeudi 10/12/2009
- 20h30
Animée par le peintre Olivier Mérijon, avec deux jeunes peintres: Laetitia Mérijon et
Cécile Orsoni qui créeront sous les yeux du public un tableau unique.

Troisième séance: « Voir l’invisible derrière le visible» .

Vendredi
29/01/2010
- 20h30
Avec le pasteur Jérôme Cottin, professeur de théologie de l’université de Strasbourg. Nous
nous proposons d’analyser deux oeuvres: une oeuvre classique en voyant par quels moyens
le peintre à essayé de nous faire échapper au trop visible, et une oeuvre contemporaine qui
par son « abs-traction » nous permet d’échapper à cet aveuglement.

Quatrième séance: « Séance peinture ».

Jeudi
11/03/2010
- 20h30
Sous le regard d’Olivier Mérijon, approche du spirituel à partir d’oeuvres de deux peintres
actuels: Anne Colbert-Christoforov et Roseline Le Galès.

Cinquième séance: « L’entre deux du peintre et de son tableau ».
Jeudi 15/04/2010 - 20h30
Le philosophe Patrice Loraux nous fera voyager dans l’entre-deux: entre le regardeur et le
tableau, entre le profane que nous sommes et le divin que l’on nous suggère.

Sixième séance: « Séance peinture » Exposition de toiles de jeunes artistes
Mardi 18/05/2010 - 20h30
Animée par le peintre Olivier Mérijon:seront exposées des toiles de jeunes artistes et nous
verrons nos réactions et nos analyses.

Septième séance: « Psychanalyse et peinture, deux exercices spirituels croisés ? ».
Jeudi 17/06/2010 - 20h30
Le psychanalyste Jean-Michel Louka proposera d’approcher comment discipline de la
parole (la psychanalyse) et discipline du regard (la peinture) paraissent s’entretenir
mutuellement.

Huitième séance: « Notre approche de la spiritualité aura-t-elle changé».
Jeudi 30/09/2010 - 20h30
Bilan du cycle « Peinture et Spiritualité ».

 


Publié le 11/11/2009 @ 19:49  Prévisualiser  Imprimer l'article 
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